Edito

Travaux communs pour le Bien commun

Dimanche 3 janvier 2021 – Epiphanie du Seigneur  (année B)


Le mot ‘Liturgie’ pourrait se traduire par ‘travail commun’, au point que la participation de tout un peuple à la construction de sa cathédrale était jadis vécue comme une longue liturgie manuelle et artistique. 

Dans un sursaut étonnant, une génération plutôt jeune a su défendre récemment le droit des chrétiens à se rassembler publiquement, pour exprimer leur foi dans le « Dieu vivant et véritable », tout en respectant les règlements sanitaires. Cela convenait tout particulièrement au temps de l’Avent qui met les fidèles en tension vers le retour triomphal du Seigneur à la fin des âges. Mais ce fut aussi une manière de signifier aux autorités civiles, trop prises par les soucis immanents, que les braises de la foi chrétienne ne sont pas encore éteintes. Loin de là : si elles réclament la liberté religieuse pour tous, voire celle de ne pas croire, elles attestent que la transcendance est la respiration de la plupart et que la Bonne Nouvelle est avant tout un service. 

Nos liturgies célèbrent cela, non pas comme une publicité commerciale, mais comme une source de discernement pour tous ceux qui, au milieu de nos sécurités trompeuses, gardent une âme de pauvre et restent en quête de sens. La pandémie n’a-t-elle pas relativisé toute entreprise humaine, pour valoriser surtout l’entre-aide, l’abnégation, l’esprit de service ? Le Saint Père nous invite à inclure dans cette spirale vertueuse également le respect intégral de la vie, l’assainissement de la planète et une plus juste répartition des richesses. Dans tous ces domaines et bien d’autres, il n’y a de salut qu’à l’unisson ; car tout se tient. Or la liturgie nous apprend que la Parole de Dieu ne déploie toute sa puissance de régénération que dans le ‘travail commun’ d’une assemblée où la liberté reste fille de la vérité et à propos de laquelle le monde puisse dire : « Voyez comment ils s’aiment » ! 

Nos assemblées sont vitales, non seulement pour la foi de chacun, mais aussi parce qu’elles sont source d’espérance pour tout homme. En cette fête de l’Epiphanie ou Manifestation du « Verbe fait chair », demandons-Lui de raviver nos communautés, pour que le monde se sente aimé et en soit illuminé. 

Père Ippolito Zandonella, vicaire